dimanche 17 mai 2015

Sainte Marie de Jésus Crucifié

Mariam Baouardy
1846 Ibellin (Galilée) -1878 (Carmel de Bethléem)


En ce 7e dimanche de Pâques, dans l’attente de l’Esprit de Pentecôte, l’Eglise nous invite à nous réjouir et à rendre grâce pour deux figures de femmes arabes de Palestine, qui nous sont données comme témoins du Christ Vivant, à l’œuvre par son Esprit de sainteté. « Le Paraclet, l’Esprit Saint, que  le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Jn 14,26.
Sr Marie de Jésus crucifié, carmélite, et sr Marie- Alphonsine Ghattas, née à Jérusalem le 4/10/1843, décédée à Ain Karem (le lieu de la Visitation) le 25/03/1927, fondatrice de la Congrégation du Rosaire à Jérusalem, implantée dans tous les pays arabes du Moyen-Orient, au service de l’éducation de la femme.
 Mariam Baouardy est née le 5/01/1846 dans un village de Galilée, Ibellin, à mi-distance entre Nazareth et Haïfa, au pied de la chaîne du Mont Carmel. Palestinienne, d’une famille originaire de Liban et Syrie, elle connut une existence brève et intense, avec des expériences marquantes d’une femme arabe de l’époque. Très tôt orpheline, séparée de son seul frère, elle est élevée chez un oncle à Alexandrie. A 13 ans, elle refuse un mariage imposé et échappe à la mort. Le merveilleux fait alors irruption dans sa vie avec les soins et la guérison miraculeuse faite par une jeune femme, que Mariam identifiera à la Vierge Marie. Elle se déplace alors de ville en ville Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille employée comme servante, de préférence dans les familles pauvres.
A Marseille, elle entre à 19 ans chez les sœurs de st Joseph de l’Apparition qu’elle quitte deux ans après pour entrer au Carmel de Pau. Elle y reçoit le nom de sr Marie de Jésus Crucifié. Illettrée, elle insiste pour être sœur converse et se trouve comblée de grâces extraordinaires très précoces : stigmates, prophétie, extases…Elle a une perception très forte de son néant devant Dieu et s’appelle « le petit rien ». Après 3 ans au Carmel de Pau en 1870, elle part avec un petit groupe fonder le premier carmel en Inde à Mangalore. Trois sœurs mourront durant la traversée. Le carmel est fondé et Mariam y prend une part active mais l’incompréhension de son entourage la renvoie au carmel de Pau. Là, elle retrouve avec joie sa vie de sœur converse. Au cours d’extases, elle improvise des poésies où  la création chante son Créateur et s’exprime en paraboles toute orientales.
« Tout le monde dort. Et Dieu si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l’oublie ! Personne ne pense à lui ! Vois, la nature le loue ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue ; et l’homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer, il dort ! Allons, allons réveiller l’univers ! »
Elle commence à parler de la fondation d’un Carmel à Bethléem, rencontre une bienfaitrice Berthe Dartigaux ainsi qu’un prêtre de la congrégation de Bétharram. Arrivée en Terre Sainte avec un petit groupe, elle travaille « plongée dans le sable et la chaux » à la fondation du Carmel de Bethléem qui aura lieu le 21 nov.1876. Elle se rend à Nazareth pour la fondation d’un carmel en 1878. Au cours de ce voyage lui est révélé le lieu d’Emmaüs. De retour à Bethléem, elle se remet au travail avec la surveillance des travaux. Elle fait une chute en portant à boire aux ouvriers. Atteinte de gangrène sur une fracture du bras, elle meurt en quelques jours le 26 août 1878 à 32 ans.
« En elle, tout nous parle de Jésus. » Jean- Paul II, 14 nov.1983.
Tout en elle parle à partir de l’Orient et dans l’esprit de l’Orient. Aujourd’hui, elle nous est donnée comme témoin universel, habité par l’Esprit du Ressuscité. « Temple de Dieu habité par l’Esprit de Dieu. » 1 Co 3,16. Joie et don de soi dans l’humilité de sa vie de carmélite cachée dans le Christ. Col 3,3
La clé d’entrée de son jardin intérieur est la remise de sa vie à l’action de l’Esprit Saint. Elle s’y est livrée avec une simplicité d’enfant. En cela, la vie de Mariam est un pont entre les deux poumons de l’Eglise, Orient et Occident, les invitant à la communion. Aujourd’hui, sous le poids des persécutions, des menaces, des violences inouïes au Moyen-Orient, grâce à Mariam se lève une espérance pour les chrétiens de cette région.
« Je suis allée demander au ciel : « Où est Jésus ? » et j’ai posé la même question à la terre, à la mer, aux arbres, aux plantes, aux animaux. Toutes les créatures m’ont fait la même réponse : « Il est dans un cœur droit et humilié. »

Sr Marie-Hélène, Isfiya le 17 mai 2015


samedi 11 avril 2015

Joie de retrouvailles entre frères et sœurs de la famille carmélitaine au Vietnam !

Dans la joie de la fête du cinquième centenaire de la naissance de Sainte Mère Thérèse de Jésus (le 28 mars 2015), nous nous sommes réunis entre frères-sœurs de la famille carmélitaine au Vietnam: les grands Carmes, les carmélites de Saint Joseph, les Sœurs de la Providence de la Pommeraye (de la spiritualité du Carmel).  Nous nous sommes retrouvés dans une communauté des Grands Carmes pour vivre ensemble la Vigile Pascale. 


C'est une surprise de voir s’enraciner le Carmel dans un bel espace, encore en friche, mais prometteur, situé en pleine campagne, au milieu de marécages, qui étaient en fait des anciennes rizières, dans une des dernières fondations des frères,et de nous retrouver, trois congrégations ensemble.








Par notre vie contemplative et active, nous essayons de construire la paix, la liberté (surtout la liberté intérieure, la liberté d’être soi-même), la vérité et de nous engager pour découvrir que « sous les cendres de ce monde brûlent les braises d’un autre monde possible, un monde plus juste, un monde beaucoup plus humain ».
 
Juste à la tombée de la nuit, au alentour de 18h, nous étions réunis, frères et sœurs, avec nos lumières et le dossier des chants de la célébration avec 9 lectures. Dès l’ouverture, après le mot d’accueil du prieur, les voix ont retenti, de toute leur force. Tout au long de la célébration,  à pleine voix, cette belle jeunesse, éprise du Dieu Vivant, laissait retentir vers le ciel ses mélodies vibrantes et éclatantes, traduisant joyeusement, sa foi au Christ-Ressuscité.




Présente avec nous, une sœur française, Marguerite Gohier, religieuse de la Providence de la Pommeraye, de spiritualité du Carmel, partage son impression au sujet des récits de la longue histoire du peuple de Dieu, lus au cours de cette célébration :
Une écoute où le silence des mots devient contemplation, où l’écoute de la nuit devient révélation, où la mélodie des mots ouvre un espace au Ressuscité, où la parole, bien qu’étrangère, devient fraternité ».
Pour elle, ce fut une expérience forte et joyeuse avec un vent de Pentecôte, elle a été touchée   l’attention fraternelle et la prière de l’assemblée.  La lumière de la fraternité s’est manifestée et transmise, « bien que ce soit  de nuit ».




Nous voyons, à travers les échanges mutuels, le souhait, les désirs, les soucis des frères et des sœurs de la famille carmélitaine au Vietnam pour l’avenir. Nous souhaitons avoir beaucoup d’occasions de nous rencontrer, de tisser des liens entre nous, de construire la famille carmélitaine au Vietnam dans le dynamisme de notre sainte mère, contemplative et apostolique, avec fraternité, joie, simplicité, surtout avec la chaleur et la force d’une espérance renouvelée dans ce monde et dans l’Eglise d'aujourd’hui.
Cet événement du cinquième centenaire de la naissance de Sainte Mère Thérèse de Jésus nous aide à relire notre vie consacrée, à en témoigner, à affronter le présent et le futur avec courage, créativité et détermination, en vue d’un monde plus fraternel et solidaire.
Encore une fois, nous allons réentendre cette invitation de Thérèse à « commencer » et à toujours commencer.
Avec notre sainte mère Thérèse de Jésus, Seigneur, bénis notre grande famille carmélitaine et conduis-nous à prier de tout cœur avec elle :
Je suis à Toi, Seigneur, pour Toi, je suis née. Que veux-Tu faire de moi ? ».


 Les frères et sœurs du Carmel au Vietnam

jeudi 9 avril 2015

Sur un chemin d'amitié et de fraternité pour la famille carmélitaine en Galilée avec Ste Thérèse suite....!

Le bâton de lumière de Ste Thérèse vient d'achever son périple  mondial en retrouvant sa terre natale d’Espagne.
Sera-t-il relégué dans un coin comme un anonyme morceau de bois ? Non !!
Ce chemin d'amitié ouvert par  son passage parmi nous au mois de Février  continue de nous entraîner vers des rencontres de joie , de connaissances et approfondissement de  notre richesse commune.
 Le 19 mars, notre famille carmélitaine  s'est retrouvée à Isfiya  pour la Fête de Saint Joseph, particulièrement marquée en Galilée. C'est autour de notre Évêque et des deux  communautés  chrétiennes   en l'Eglise St Élias    (grec melkite),magnifiquement décorée  que nous avons  vécu ce temps d'action de grâce pour  ce Saint.
 " Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande le jour de sa  fête une grâce particulière, et chaque fois je suis exaucée." 

Ste Thérèse. Vie Chap 6.                


Nous sommes sûres que  dans le secret des cœurs, beaucoup de prières lui auront été adressées  ce jour-là   et ... exaucées  paroles de Madre!!!!
  



Le  samedi  28 Mars       en cette année du 5è Centenaires, ce fut au tour de notre Cté
 ( sauf Sr Yves  mais une amie  était venue partager un moment avec elle pendant notre absence)  de rejoindre nos  Frères  et sœurs du Carmel   en la chapelle de  Haïfa pour une très belle Célébration...



...  avec la présence du  Nonce apostolique:
 Mgr Guiseppe Lazzaretto,
 Mgr Bakouni - évêque grec Melkite ,
 Mgr Marcuzzo évêque Latin.
et du Père Afif prêtre maronite représentant son évêque.
 Une assemblée nombreuse avait répondu aux invitations , plusieures amies venues du village d'Isfiya  et pour certaine  , c'était un premier contact avec le Carmel cloitré. 





La présentation des offrandes avait été  particulièrement soignée pour marquer la spécificité de chaque famille religieuse carmélitaine.





Après ce temps très   fort vécu ensemble, nous nous sommes tous et toutes acheminés chez nos Frères Carmes au Couvent de Stella Maris pour des " Agapes" fraternelles. et un moment de simple convivialité.





 C'était pour nous toutes l'occasion de découvrir  le cadre du Couvent de Stella Maris dominant la splendide baie de Haïfa. et  dans le sanctuaire de la grotte de Saint Elie, nous avons pu méditer ces paroles :

 

 "Le Carmel  est une montagne, un lieu, un chemin, un esprit."

La prochaine rencontre sur ce chemin plein d'espérance et de promesse, sera  un  temps de fraternel de connaissance mutuelle et de prière à travers le Chant des Vêpres en la belle journée de Pâques.

Ensuite chaque famille carmélitaine se tournera vers la préparation de la fête pour la canonisation de la Bse Mariam de Jésus Crucifié.
" Mon cœur et ma chair crie de joie au Dieu vivant.!"